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Can you hear heaven cry ?

Ma seule source de repos, de renaissance après une dure journée de gavage inutile. Mon seul échappatoire. Une succession de notes, d'accords, d'instruments, de mélodies, de riffs, de vocalises qui ne me laisseront jamais de glace. Création d'une atmosphère parallèle à celle que je subis chaque jour. Et là, seulement là, je peux me bercer jusqu'à l'overdose avec mes extrapolations musicales. C'est comme une transe en fait. J'entre en contact avec un autre monde, et je ne veux surtout pas être interrompue. Le premier crétin qui me hèle sur le trottoir d'en face, je l'extermine d'un simple regard. J'écoute de la musique, me fais pas chier. Si je veux me réveiller avec un coup de Hells Bells, ça me regarde. Ca peut m'entraîner loin ce genre d'addiction. Au lieu de faire attention à là où je pose les pieds, je suis déjà loin du sol en plein délire chorégraphique, notamment. A m'imaginer telle que je ne serai jamais, à me mouvoir avec aisance sur scène, en symbiose avec certaines de mes amies, ne faisant qu'un avec la voix d'Anthony Kiedis. Habitée par le sens du rythme. Heureusement pour moi, je l'ai toujours eu, à défaut de la grâce avec laquelle je me déplace. Ou alors, la mélodie est tellement puissante et pleine de sentiments, que déjà, j'ai du mal à ne pas craquer, et ensuite, je me sens transportée je-ne-sais-où avec une volonté de fer. Pour la création d'un monde meilleur, l'abolition de toutes les saloperies dont je suis témoin chaque jour, chaque fois que la petite aiguille se déplace sur ma montre. Mais finalement, ce que je veux vraiment réussir à faire, c'est rendre les gens heureux, peu importe d'où ils viennent, leur passé, dans quelles conditions ils sont. Chacun connait des injustices plus ou moins conséquentes, mais on a tous le droit d'être heureux, ça n'est pas un privilège, même si une certaine minorité se l'approprie et s'assoie sur le dos des autres. Je trouve ça juste dégueulasse. Chacun a le droit au bonheur, et c'est ce que j'aimerai offrir à la Terre entière, même si je sais pertinament, ne serait-ce qu'en étant quelque peu rationnelle, cela n'est pas faisable, et est un rêve de gosse qui ne va pas tarder à se prendre la beigne de sa vie en entrant parmi le commun des adultes.
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