29/04/2009

Shot me down, bang bang


De retour après un début de semaine assez mouvementé. Me voilà joyeusement au trente sixième en dessous en ce mercredi soir. Si vous ne voulez pas passer la soirée à broyer du noir, s'abstenir.

Je découvre mon prof de français sous un autre jour, celui du pédant absolu. Nous venons de débuter le roman et nous sommes tous entrain de guetter la sonnerie. Bien joué. Comme si Balzac était LA référence romanesque sur Terre ! Le pauvre Flaubert a dû s'en retourner dans sa tombe.
Une heure passée à définir le roman qui "n'a pas de définition propre". Ca devient maladif de parler pour ne rien dire, autant bosser avec les annales, ça fait moins de bruit. Je note aussi les deux dissertations qui se battent en duel depuis le début de l'année. Sauf qu'en terminale, on n'a plus vraiment le choix, tu dissertes sur Freud et il est hors de question de l'ouvrir sur un éventuel commentaire de texte. La vie est bien dure pour nous, petits littéraires en formation qui se préparent des années et des années de galère, de marginalisation.

Et la danse ! Si seulement j'avais l'excuse des deux semaines de vacances, mais non. Ca devient vraiment catastrophique. Mes bras sont décidément trop anguleux pour que j'arrive à en faire quoi que ce soit, si j'avais un tantinet moins de poitrine ça serait à la limite regardable, si je n'étais pas en mode manche à balais, ça serait mieux et si je n'avais pas perdu mes deux années salvatrices ça aurait été encore mieux. C'est même plus la peine d'insister, moi je déclare forfait. Je ne suis pas plus regardables que ces gosses de riches qui n'ont rien à foutre de leur mercredi après-midi. Et ça, c'est bien fait pour mon orgueil. Danseuse ? Mes fesses, ouais.
Et c'est là que je me dis que toutes ces années au Conservatoire, qui se sont transformées en relation sado-maso, ont eu raison de moi. Je suis vaincue, je suis forcée de l'admettre. Je n'ai plus le temps, ni la force de faire attention à tout, à tout reprendre, geste après geste pour être satisfaite du résultat. De la lâcheté par facilité. Je n'ai plus envie de jouer les héroïnes persécutées par une vieille rabougrie qui vous détruit la beauté et le charme d'une variation avec des remarques plus lourdes qu'un troupeau d'éléphants et une pédagogie avoisinant le despotisme. Il n'est parfois pas aisé de se débarrasser de son passé. Il est gravé sur la braise d'un coeur encore à vif, malgré le trait que je m'étais jurée de faire dessus.
Elle a tout cassé. Je ne voulais pas spécialement être danseuse, mais c'était inutile de l'entendre le dire : "De toute façon tu ne resteras pas, tu n'y arriveras jamais". Elle n'a pas le droit. Pas le droit m'imposer mon devenir. Elle ne m'a jamais aimée, alors que je ne demandais qu'un peu de compréhension. Pas de lunettes, histoire que je ne puisse pas corriger mes défauts, comme si son jeu vicieux m'avait échappé. 4 ans après, ces souvenirs sont toujours emplis d'amertume, comme si c'était hier qu'elle m'avait raccroché au nez en me hurlant de venir répéter, un jour férié. L'apothéose de ma haine s'est traduite par beaucoup de larmes, versées à tort sans doute, elle n'en valait pas la peine. Ma mère avait d'ailleurs laissé un message incendiaire sur son répondeur et envoyé une lettre circonstanciée au directeur pour justifier ma démission. Je crois avoir été la seule à partir au beau milieu de l'année. Nous avons entretenu, elle et moi, une haine réciproque pendant 7 longues années. "Regarde dans le vague quand on lui fait des corrections" "NORMAL JE VOIS RIEN CONNASSE !! CREVE !". Ca forge le caractère, ah ouais ? Je vais lui forger la gueule et elle risque de s'en souvenir longtemps, ce vieux résidu pourri frustré, aussi accueillant qu'une porte de prison. Je ne peux pas m'empêcher de la haïr, et je sais que ça ne la rend que plus importante, mais bon Dieu ! Qu'elle se matérialise devant moi et que je lui règle son compte une fois pour toutes ! Elle m'a démoli à grand renfort de connerie une partie de mon enfance, et je ne le tolère pas. Elle n'a aucun droit sur moi, et personne n'a le droit de me faire ça, personne ! Qu'elle aille donc crever, rongée par le remord, de toute façon, ça n'expiera pas ses fautes, n'importe quel voleur peut en arriver à ces états d'âmes. Elle m'a suffoquée avec sa haine, je vais lui rendre son paquet, amplifié par cent. Moi, en position de dominatrice, une fois, juste une fois, qu'elle comprenne qu'il ne faut pas se foutre de la gueule du monde. Je résouds la haine par la haine subtile, les remarques aigres douces, les rictus, en la cuisant à petit feu, qu'elle déguste tout ce qu'elle aurait déjà dû déguster.
J'arrête le classique, mais je n'ai pas dit mon dernier mot : semi victoire.

23/04/2009

By myself


Voilà ce que ces 16 ans de barbottage dans une boue plus communément appelée éducation ont fait de moi. Ou plutôt, comment je me suis battie face à ce torrent incessant qui n'a pour but que de me détruire petit à petit. I am shouting for indipendence. Après tout, c'est vrai. "On n'est jamais mieux servi que par soi-même". Faut avoir la foi de s'accrocher et de tout mener tout seul. Pas besoin d'ornementation fictive. Peut être est-ce dû à mon statut de fille unique, je ne veux pas que des liens me gènent dans mes actions futures, hormis les liens parentaux et ceux tissés par l'amitié. Je n'ai jamais souhaité et ne me souhaite pas d'avoir une descendance. Une progéniture braillarde dont les mauvaises manières et la provocation n'aurait le don que de m'énerver. Rien que de penser à la privation de certaines de mes capacités physiques par le squattage d'un maudit foetus dans mon bide m'exaspère. La médecine devrait faire accoucher les hommes. Et la pilule c'est eux qui gèrent. Tâches inégalement réparties mises à part, je ne veux pas non plus d'un mari, ou quelquechose de plus ou moins approchant. Peut-on honnêtement être libre avec un mari, des sentiments à nourrir envers lui, le nourrir (je fais appel à toi Ô chiasme !) et rentrer chaque soir pour poursuivre l'idylle d'une tranquille vie conjugale ?
Pour les quelques visiteurs ayant passé l'âge de la tétine et des boutons d'acné, vous avez devant un pur produit de l'étrangeté [et de modestie]. Qui, à 16 ans, aussi vierge d'ironie qu'une putain se proclame nonne peut concevoir une vie enclavée auprès d'un mari dégageant des sentiments aussi douteux que l'existence du meilleur des mondes de Huxley et des marmots qui peinent à ingérer le passé simple du verbe avoir et leurs tables de multiplication. Autre façon de se figurer le bonheur. Mais je signale que je ne suis pas aveugle, qu'une femme du moment qu'elle a une poitrine respectable, qu'on peut se la mettre au lit, on (pour ne pas dire cette bande de machos pédants qui ne pensent au cul et à faire des avances assez suggestives) la traite comme une demeurée et une inférieure.
Mener une vie de front, sans couilles et avec un cerveau.Voilà ce que je me réserve, du haut de ma chaise et en face de mon écran.

13/04/2009

The long and winding road

Je pars pour dix jours et je sais ce qui m'attend. La chaleur et le calme du Sud, ma langue maternelle, cette petite île à laquelle je songe quand je suis ici. Dès que j'aurai mis les pieds là-bas, je voudrais revenir m'enfermer dans mon quotidien parisien avec mes habitudes de parisienne. Pourtant qu'est ce que j'aime être là-bas, je me sens chez moi. J'observe les gens parler avec animation dans une langue aussi musicale qu'une flûte traversière, j'étudie leurs manies et la façon qu'ils ont de se tenir. Ca m'occupe, je me sens bien. J'ai l'impression de retrouver une part de moi-même que je laisse les 3/4 de l'année. Et puis, la mer, la mer, le chaud et le calme. Les passants à la peau mate si semblable à la mienne, heureux et accueillants.
Ma famille aussi, bien que des tensions imbéciles et ridicules en séparent quelques uns, je les estime beaucoup. Ca fait plaisir quand on sait qu'on a des gens sur qui compter. Ils sont tous là, chacun avec sa personnalité et ses goûts, ça donne un très joli tableau bien coloré. Je préfère ne pas creuser plus loin, je sais ce que je vais y trouver : frustration et résignation, mais j'ai pas envie de déprimer alors niet.
J'ai juste envie de me retrouver dans une vie normale, avec des gens que j'apprécie et qui en font de même. J'ai besoin de prendre mes distances pendant quelque temps avec mes soucis et mes peurs injustifiées.

09/04/2009

Hit the road Jack











Pour mes dents droites et mon 11 en maths. Et ça rime.